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Cérémonie d'ouverture de la 8ème Conférence ministérielle du FOCAC : Allocution de Son Excellence Monsieur le Président Macky SALL
SGG/SI
Discours
Article
lun, 29 nov 2021

Excellence Monsieur le Président Xi Jinping, Président de la République Populaire de Chine, Co Président du Forum sur la Coopération sino-africaine, cher ami,

Excellences, Messieurs les Présidents, chers frères,

Excellence, Monsieur Antonio Guterres, Secrétaire Général des Nations Unies,

Excellence, Monsieur Moussa Faki Mahamat, Président de la Commission de l’Union Africaine, cher frère,

Mesdames, Messieurs les Ministres et Chefs de délégation,

Bonsoir à vous, Président Xi, et bonjour à tous nos autres amis participant à la rencontre en mode virtuel ou ici présents à Dakar.

Au nom du Sénégal, je souhaite la bienvenue aux délégations venues prendre part à la 8ème Conférenceministérielle du Forum sur la Coopération sino-africaine.

Nous sommes heureux d’accueillir cette importante rencontre, trois ans après notre dernier rendez-vous mémorable à Beijing, pour raffermir davantage la longue tradition sino-africaine d’amitié cordiale et de partenariat dynamique.

Je me réjouis de co présider cette cérémonie d’ouverture virtuelle en compagnie de notre ami, le Président Xi Jinping, alors que la République Populaire de Chine vient de fêter, le 25 octobre dernier, le 50e anniversaire du rétablissement dans ses droits légitimes de membre des Nations Unies.

J’adresse mes chaleureuses félicitations au Président Xi et au peuple chinois ami, et redis notre attachement sans réserve au principe d’une seule Chine.

Au nom du Président Xi et en mon nom personnel, je remercie les Présidents Félix Antoine Tshisekedi, Abdel Fattah al Sisi, Azali Assoumani, et Cyril Ramaphosa, ainsi que le Secrétaire général Antonio Guterres et le Président Moussa Faki Mahamat pour avoir bien voulu répondre à notre invitation.

Il y a vingt et un ans, l’Afrique et la Chine, décidées à renforcer et porter leurs relations historiques à un niveau supérieur, avaient établi le FOCAC comme nouveau cadre de partenariat formalisé, solidaire et mutuellement bénéfique.

Depuis lors, nous avançons main dans la main, de façon pragmatique et efficace, comme en témoignent l’intensification de nos échanges commerciaux, les investissements et les nombreuses réalisations au titre de nos différents Plans d’Action.

Mais nous voulons aller plus en avant dans notre ambition commune de parvenir à une prospérité partagée pour le bien-être de nos peuples.

C’est le sens du thème de la 8ème Conférence ministérielle du FOCAC : Approfondir le partenariat sino-africain et promouvoir le développement durable pour bâtir une communauté d’avenir partagé Chine-Afrique dans la nouvelle ère.

Ce thème est assurément pertinent en raison des mutations sans cesse croissantes et des enjeux globaux auxquels nous devons nous adapter en resserrant davantage nos relations de solidarité politique et économique.

C’est dans la difficulté que l’amitié trouve son test de grandeur. Notre amitié a encore été testée avec succès à l’épreuve de la pandémie COVID-19. Je remercie le Président Xi pour son appui constant à nos efforts de riposte sanitaire et de relance économique.

J’apprécie à sa juste mesure le soutien apporté par la Chine à l’émission par le FMI de 650 milliards de Droits de Tirages Spéciaux. Dans le même esprit de solidarité, je souhaite que la Chine continue d’accompagner nos efforts de résilience et de relance, par la réallocation partielle de ses DTS selon des modalités à convenir.

Excellences, chers amis,

La nouvelle ère que nous inaugurons aujourd’hui sera marquée par le Plan d’action du FOCAC 2022-2024 dont la mise en oeuvre contribuera à la consolidation de nos acquis pour que les fleurs du printemps de notre coopération portent des fruits toujours plus abondants.

Dans cet esprit, je propose que la Feuille de route de la Conférence ministérielle accorde une attention particulière aux priorités suivantes :

Premièrement, travaillons au renforcement de la souveraineté pharmaceutique et médicale, et à la sécurité sanitaire de nos pays.

La pandémie de COVID-19 a révélé des vulnérabilités communes à tous les pays. Mais l’Afrique est sans doute le continent le moins préparé à faire face aux crises sanitaires en raison de son déficit en ressources humaines qualifiées et de son retard dans les infrastructures de santé, la recherche médicale, la production de médicaments et vaccins, et l’accès aux soins.

J’encourage vivement l’intensification des échanges sino-africains dans la formation en ressources humaines, la recherche médicale, la valorisation de nos médecines traditionnelles et l’investissement dans la production locale de médicaments et de vaccins.

Je me réjouis que certains de nos pays, dont l’Afrique du Sud et l’Egypte, produisent déjà des vaccins anti COVID. D’autres comme le Sénégal et le Rwanda s’inscrivent dans la même dynamique.

Deuxièmement, poursuivons nos efforts de modernisation de l’agriculture pour assurer notre souveraineté alimentaire collective et faire de la transformation locale de nos produits agricoles un facteur d’émergence économique et de lutte contre le chômage et la pauvreté.

Avec plus de 30 millions de km2, plus d’un milliard d’habitants et d’importantes réserves hydriques, l’Afrique a le potentiel de ressources nécessaires pour assurer sa nourriture et contribuer à nourrir le monde. Troisièmement, nous devons renforcer davantage la formation technique et professionnelle, l’apprentissage des métiers et l’éclosion des talents dans le numérique pour soutenir l’emploi, l’auto emploi et l’entrepreneuriat des jeunes.

J’encourage vivement l’accélération du programme d’implantation des ateliers Lu Ban en Afrique comme modalité pratique de mise en oeuvre du transfert de la technologie et du savoir-faire chinois dans le cadre de notre partenariat. 

Quatrièmement, continuons le formidable travail de réalisation d’infrastructures de base en Afrique : routes, autoroutes, chemins de fer, ports, aéroports, infrastructures numériques et électriques.

Je dois saluer le soutien considérable de la Chine à l’Afrique, même en ces temps de crise, pour le développement de ces secteurs indispensables à tout effort d’émergence.

Dans le cadre des Nouvelles Routes de la Soie, du Programme de Développement des Infrastructures en Afrique et de la Zone de libre échange continentale africaine, un large potentiel s’offre au partenariat sino-africain en matière de projets d’infrastructures structurantes.

Cinquièmement, enfin, il nous faut accélérer notre collaboration pour le développement des capacités industrielles africaines, afin que le continent produise plus et réponde mieux aux standards qui facilitent l’accès de ses produits aux marchés chinois et mondial. C’est à la fois un besoin de solidarité et une nécessité de coopération gagnant-gagnant.

En effet, l’industrialisation de l’Afrique et son intégration aux chaînes de valeurs mondiales offrent à tous nos partenaires de nouvelles opportunités d’approvisionnement face à une demande mondiale toujours croissante, des pénuries de plus en plus fréquentes et des hausses de prix souvent imprévisibles.

En outre, comme je l’ai indiqué dans mon message à la 2e édition de l’Exposition économique et commerciale Chine-Afrique de Changsha, en septembre dernier, un meilleur accès des produits africains aux plateformes électroniques chinoises contribuerait à l’augmentation du volume de nos échanges commerciaux dans l’intérêt des deux parties ; si l’on sait que la Chine et l’Afrique comptent ensemble plus de 2,5 milliards d’habitants.

Au-delà de notre coopération officielle, nous pouvons également tirer davantage parti de nos complémentarités en matière de délocalisation industrielle. J’encourage, par conséquent, les entreprises chinoises à poser un regard plus confiant et plus optimiste sur l’investissement en Afrique.

Quelques jours après la clôture de la COP 26, je dois également d’attirer l’attention de notre Forum sur la décision qu’ont prise certains pays d’arrêter les financements à l’étranger des énergies fossiles, y compris le filière gaz, alors même que l’utilisation d’autres sources d’énergies plus polluantes continue.

Au moment où plusieurs pays africains s’apprêtent à exploiter leurs importantes ressources gazières, l’arrêt des financements de la filière gazière, sous prétexte que le gaz est une énergie fossile, sans tenir compte du fait qu’il est aussi et surtout une énergie propre, porterait un coût fatal à nos économies en quête d’émergence.

Bloquer les financements de la filière gazière, c’est ajouter une grande injustice économique à l’injustice climatique que l’Afrique subit plus que tous les autres continents.

J’appelle tous nos pays à oeuvrer ensemble pour le maintien des mécanismes de financement du gaz comme énergie de transition.

Excellences, chers amis,

Vingt et un ans après son lancement, nous pouvons être fiers des réalisations de notre Forum, grâce à la collaboration de nos Etats, de nos villes, de nos entreprises et de nos peuples, dans un esprit d’amitié conviviale, de solidarité agissante, de confiance et de respect mutuels.

Amitié, solidarité, confiance et respect, c’est là que réside la force de notre Forum ; et c’est cette force qui doit continuer à porter notre vision et nos ambitions pour le futur, afin d’approfondir le partenariat sino-africain et promouvoir le développement durable pour bâtir une communauté d’avenir partagé Chine-Afrique dans la nouvelle ère.

Je souhaite plein succès à la 8ème Conférence ministérielle du Forum sur la Coopération sino-africaine et vous remercie de votre attention.